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dimanche 3 décembre 2006

Ce qui se passe à la « gauche de la gauche », chez les antilibéraux est absolument affligeant.

Ce qui l’est tout autant c’est la naïveté et l’obstination des militant-e-s, organisé-e-s et/ou inorganisé-e-s qui trépignent d’impatience devant une situation qui leur échapper complètement.

Toute journée qui passe enfonce un peu plus les antilibéraux dans la confusion à leurs propres yeux, mais aussi aux yeux d’une opinion publique incrédule.

LA MAL DONNE

Tout est parti pourtant d’un constat exact : la Gauche, telle qu’on l’a connu jusqu’à présent, n’existe plus en tant qu’alternative, si tant est qu’elle ai jamais existé en tant que telle, mais aujourd’hui le constat est général, évident et les conclusions inévitables. Ainsi naquit la « gauche de la gauche », avec ses organisations traditionnelles, ses nouvelles organisations altermondialistes, et toute une nuée de citoyens-nes syndiqués ou en rupture avec des organisations qui se reconnaissent dans un « mouvement social » aux contours et aux objectifs mal définis

Après une longue série d’échecs dans les luttes sociales dans une situation économique et sociale qui voit partir en fumée la plupart des « acquis sociaux », la victoire coup sur coup sur le TCE et le CPE (Contrat Première Embauche) a joué le rôle d’un électro choc. Nombreuses et nombreux ont été celles et ceux qui ont vu là un signe de la reprise de l’offensive contre le système.
-  L’action politique est réduite au strict minimum décidé par le système que l’on remet en question, autrement dit on rentre dans la problématique du système lui-même et l’on s’étonne de ne pas aboutir (?)

L’exemple des collectifs antilibéraux est révélatrice de ce qui se passe : ces collectifs, qui ne sont de fait que des sortes de « comités électoraux » sont malgré la présence de militants sincères - le théâtre de toutes les manipulations pour la désignation du ou de la candidate. Foire d’empoigne d’où rien n’en sort, quoique certaines discussions soient fort intéressantes, et rien n’en sortira... tout le monde sera dégoûté. Lieu d’expression purement « théorique », toutes les surenchères y sont possibles, lieu de discussion d’un « programme » qui ne s’appui sur rien de concret, sur aucune pratique sociale alternative.

L’importance de l’opération est évaluée en fonction du nombre de personnes qui se déplacent dans ces « collectifs » et des participants aux « meetings antilibéraux » qui ne sont, comme toutes les autres réunions publiques, que des « grandes messes », des lieux d’extase et d’auto excitation en présences des chefs... bref rien de nouveau par rapport à ce que nous offre le spectacle affligeant de la politique.

Tout cela, c’est confondre le quantitatif et le qualitatif. C’est se laisser impressionner, berner, influencer par l’apparence des choses. C’est oublier ce qu’est l’essentiel dans l’évolution des sociétés : la pratique sociale, l’organisation de rapports sociaux alternatifs.

L’IMPASSE

A trop vouloir imiter ceux qui ont le pouvoir on fini par prendre leurs habitudes et leurs pratiques, avec une différence cependant, c’est que c’est eux qui ont le pouvoir et qu’ils ont mis en place tout un arsenal de règles, dites démocratiques, pour le garder... et que l’on croit naïvement que c’est en passant par elles que l’on changera la situation.

Cette démarche a toujours conduit, à plus ou moins long terme à une impasse. Une fois de plus celles et ceux qui souhaitent « changer » s’y sont précipité tête baissée.

On croit encore naïvement que c’est en prenant ou en accédant au pouvoir que l’on peut changer la société... il n’y a rien de plus faux et toutes les expériences de « renversement du capitalisme » au 20e siècle sont là pour en donner la preuve.

Il faut aujourd’hui se rendre à l’évidence, pour expliquer ces échecs, il ne s’agit pas d’erreurs ou de concours de circonstances malheureux... il s’agit essentiellement d’une erreur stratégique majeure, une incompréhension de la dynamique de l’Histoire.

Celles et ceux qui, aujourd’hui, veulent changer le système, transformer les rapports sociaux, mettent ou remettent pesamment leurs pas dans les traces de celles et ceux qui ont irrémédiablement chuté dans leurs entreprises de transformation. Ils appellent ça de la fidélité, j’appelle cela de l’obsession et de l’aveuglement.

Les élucubrations médiatico bureaucratiques des leaders de l’altermondialisme et de l’antilibéralisme nous font faire du « sur-place » et finissent de désespérer les plus décidés et ce ne sont pas les déclarations délirantes du style « on a de grandes chances d’être au 2e tour » (?) qui peuvent changer les choses.

Leur échec n’est pas possible, il est évident... une fois encore ils ont conduit l’espoir du changement dans une impasse. Les trépignements d’impatience, les déclarations enflammées et les prêches dans le désert des consciences saturées de slogans alléchants ne changeront rien.

On aurait pu se scandaliser du traitement par les médias, qui ignorent superbement les antilibéraux,... on fini par être satisfait de leur attitude qui permet finalement, par leur silence, d’éviter le ridicule qui tue à celles et ceux qui avaient la prétention de « faire de la politique autrement ».

Au delà de cet épisode affligeant, après le cirque électoral, il va bien falloir reposer les vrais questions, prendre à bras le corps les vrais problème, éviter de recommencer une fois encore à reconstruire un édifice politico électoral bancal et tout à fait stérile. Mettre en congé les bureaucrates (faut-il citer des noms ?) spécialistes de la méthode Coué qui ne trouvent leur bonheur médiatiques, et leurs intérêts matériels, que dans la répétition mortifère de situations d’échec.

Patrick MIGNARD

voir aussi
- De l’électoralisme en politique
- Quo vadis ?

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