Pa l'arbre
Accueil du site > Monde > Le sort des femmes afghanes reste peu enviable

lundi 30 mai 2005

LONDRES (Reuters) lundi 30 mai 2005, 7h30 - Trois ans et demi après le renversement du régime des taliban, le sort des femmes afghanes reste peu enviable, déplore Amnesty International dans un rapport publié lundi.

L’organisation de défense des droits de l’homme explique que l’enracinement de pratiques féodales signifie que les hommes traitent souvent les femmes comme des objets dont on peut abuser sans craintes de sanction.

"Dans tout le pays, rares sont les femmes échappant à la violence ou à la menace de la violence", écrit Amnesty.

"Maris, frères et pères restent les principaux acteurs de cette violence domestique, mais le contrôle social et le pouvoir qu’ils exercent sont renforcés à la fois par les autorités et par les systèmes de justice informels", poursuit l’organisation.

L’auteur du rapport, Nazia Hussein, qui a sillonné tout le pays pour mener ses entretiens, a déclaré à l’agence Reuters qu’un fort sentiment de déception se faisait jour en Afghanistan, où les femmes attendaient beaucoup de la chute des taliban, fin 2001.

"Beaucoup de femmes nous ont dit qu’elles avaient espéré que les choses changeraient rapidement et en mieux après le renversement des taliban", dit-elle. "Mais sur l’éducation, l’emploi et la sécurité, le sentiment global, c’est que les choses ne sont pas améliorées et, pire, qu’elles se sont dégradées dans certains cas."

ACTION GOUVERNEMENTALE INDISPENSABLE

Nazia Hussein cite le cas d’une femme, mariée de force et frappée sans répit par son mari dès leur nuit de noces et malgré deux grossesses. Cette femme, explique-t-elle, s’est alors enfuie et a tenté de trouver refuge dans sa famille, mais celle-ci l’a contrainte à regagner son foyer conjugal pour préserver l’honneur de la famille.

Au cours de ces entretiens avec des hommes, y compris des représentants du gouvernement, l’enquêteuse d’Amnesty International dit avoir relevé au mieux une préoccupation dans le discours - mais pas dans les actes -, au pire une indifférence.

"Il s’agit de tribus, de codes de conduites basés sur des pratiques ancestrales, il ne s’agit pas de religion", explique-t-elle avant de réclamer que la question des femmes afghanes soit posée avec forces "notamment par les Etats bailleurs de fonds".

Dans certaines zones urbaines, des améliorations apparaissent : des femmes entrent en politique, se font entendre. Mais dans les zones rurales, la chercheuse dit avoir recensé les preuves d’une dégradation de leur sort.

D’après le rapport d’Amnesty, les violences faites aux femmes sont ouvertement tolérées et l’intervention active des autorités en matière de protection des femmes est une exigence.

L’organisation réclame notamment une réforme judiciaire et enjoint au gouvernement afghan de condamner publiquement les violences dont sont victimes les femmes, de promouvoir leurs droits et d’enseigner la tolérance dès l’école.

 RSS 2.0Suivre la vie du site